Un peu plus jeune déjà, je passais tous mes samedi soirs enfermé dans ma chambre, hypnotisé par le poste radio, n'attendant qu'une seule chose: que le commentateur prenne enfin la parole pour annoncer un but du Paris Saint-Germain. Mon coeur s'était mis à battre en rouge et bleu et une intrigante passion pour une tribune mythique s'est emparée de moi. J'avais 16 ans à l'époque, j'étais placé en tribune latérale au stade Bonnal de Sochaux avec mon maillot et mon écharpe de Paris. Je n'ai rien vu du match, mon regard étant comme aimanté par la cage des supporters parisiens. J'étais littéralement captivé par leurs chants, leur esprit de groupe, par leur solidarité dans leurs actes et par cet intense engouement populaire. Et dès cet instant, il m'est apparu inconcevable de pouvoir vivre un match autre part qu'avec eux. Il s'y dégageait un amour flagrant pour le Club, une ferveur capable de transcender n'importe quelle équipe tout en effrayant d'une magnifique et stupéfiante manière l'adversaire d'un soir. Après quelques années passées à suivre la vie du club à travers le transistor, je ne pouvais plus contenir toute la passion et la fougue qui grandissaient en moi. Il fallait à tout prix que je fasse partis de ceux qui allaient continuer à écrire l'histoire du PSG et de ses supporters. C'est en janvier 2003 que je me rendis pour la première fois en tribune avec les ultras de la Capitale afin d'assister à une rencontre de Coupe de France. Quand je repense à cette soirée, les mots me manquent pour décrire les sensations m'ayant envahi : c'était comme une fascinante excitation qui vous prend tout à coup pour vous transporter dans un état second. C'en était trop! Je ne pouvais plus rester loin de ce Kop et notamment des Boulogne Boys qui n'avaient à aucun moment de la partie relâché la pression en faisant preuve d'un fanatisme extraordinaire. C'est ainsi que je me suis retrouvé plongé dans cet impressionnant et surprenant groupe ultra. Mais je ressentais constamment le besoin d'en faire davantage pour le PSG et il me fallait être encore plus dévoué pour satisfaire cette passion. Je ne pouvais pas faire preuve de passivité lorsque l'honneur de mon club, de la capitale et des supporters parisiens était en jeu durant les matchs à domicile et à l'extérieur. J'aurai donc attendu de nombreuses années avant de me carter et de m'abonner au groupe ultra des BOYS'85 et par ce biais intégrer le cercle des passionnés du noyau dur animant la tribune, prêts à tout donner pour leur club. Voilà, depuis ce soir d'août 2006 où je me suis engagé, je pense réellement avoir franchi un cap et être passé de l'autre côté de la barrière. Cette barrière qui sépare les simples supporters, néanmoins respectables, de ceux qui font vivre le stade à travers une omniprésence dans les bons mais surtout les mauvais moments, véhiculant des valeurs de respect, de fierté et de tradition. Lors de chaque rencontre, vous pouvez admirer avec quelle prestance et quel enthousiasme notre groupe s'unit pour rassembler toutes ses forces et les transmettre aux rouge et bleu. La majorité de nos membres, regroupé dans la partie gauche du Kop, font leur maximum pour transcender et galvaniser le reste de la tribune, pour que d'une voix unique, une voix solidaire et fière, tel le douzième homme, elle soit l'un des principaux acteurs de la victoire.
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